09 décembre 2007
Ma 1ère nouvelle...
Voici ma 1ère nouvelle.
Elle a déjà subie des modifications (les pré-lecteurs les verront) et en subira certainement encore, ainsi que de multiples corrections "ortho-grammaticales" (merci Peter !).
Elle n'a pas encore de titre.
Mercredi 12 octobre :
Cela va faire trois ans demain que ma femme est décédée,
emportée par un cancer.
Je pense que j’irai fleurir sa tombe, ça sera la 1ère
fois.
L’acceptation de son décès me paraissait impossible il y a
encore quelques mois.
Le plus dur fut d’accepter sa mort alors qu’elle portait
notre enfant.
Nous avions déjà décidé du prénom…
Enfin, des prénoms, car nous ne voulions pas savoir le sexe avant la naissance.
Christophe ou Mélanie aurait eu 3 ans en novembre…
Il m’arrive encore d’imaginer ce qu’aurait pu être notre vie
si la maladie ne les avait pas emportés…
Des scènes quotidiennes les plus banales aux moments les
plus intenses, je me projette de temps à autres dans ce monde, pour ne
retrouver que la froideur cruelle de la réalité à mon retour.
Bon, 2h du matin, je devrais dormir, demain j’irai au
cimetière dès l’ouverture des grilles.
Cela m’obligera à faire mon deuil une bonne fois pour toute.
Jeudi 13 octobre :
Je suis passé au cimetière comme prévu, et j’y ai déposé une
gerbe précédemment achetée chez le fleuriste placé juste à l’entrée.
J’ai une répugnance particulière pour ces vautours qui
gagnent leur pain sur le malheur des autres…
Je suis ensuite rentré chez moi, pour travailler sur ce
fichu projet commandé par un client japonais.
Pourquoi suis-je devenu publicitaire ?
Bon, je me couche tôt ce soir, et pour éviter de penser, je
vais me gaver de somnifères.
Vendredi 14 octobre :
Nuit horrible, journée dans la continuité !
J’ai fait d’étranges cauchemars…
Une ombre cognait sans cesse à ma baie vitrée de salle à
manger et tentait de me dire quelque chose…
Et j’ai été réveillé par le téléphone.
C’était la gendarmerie.
La tombe de ma femme a été profanée, et le fils de pute, non
content de son boulot, a « abîmé le corps » d’après l’officier.
Il m’a invité à passer voir les dégâts.
Je pense que je vais encore devoir suivre une thérapie pour
avaler ça.
Tout d’abord la tombe a été creusée, puis l’adjudant a
ajouté que corps de ma femme avait été « endommagé ».
Le pilleur de tombe lui aurait « vidé le ventre »…
Mais que peuvent bien penser ce genre de désaxés ?
Et je me demande comment je fais pour écrire ça dans mon
journal…
Je pense qu’une bonne dose de somnifères me fera le plus grand bien…
Samedi 15 octobre :
Mon sommeil a encore été troublé par ce rêve étrange.
Sauf que cette fois-ci, j’ai réussi à mieux distinguer la chose à ma fenêtre.
C’est une forme de petite taille, étrangement formée, mais
humanoïde.
Un de mes amis, avec qui j’ai discuté par téléphone pour me changer les idées,
me dit que c’est un gobelin !
Quelle idée de discuter de ça avec un fan
d’ « Heroic Fantasy » aussi…
Je suis ensuite allé à la gendarmerie pour remplir divers
formulaires, et répondre à des questions « de routine ».
Ils sont allés me demander si des gens pourraient m’en vouloir assez pour
profaner la sépulture de mon épouse !
Bien sûr que j’ai des nécrophages parmis mes
connaissances !
Dimanche 16 octobre :
Pas de rêves.
Je profite du « jour du Seigneur » pour aller me
détendre en forêt.
Je ne pense pas avoir besoin des somnifères cette nuit.
Lundi 17 octobre :
Quelle nuit atroce !
Vers 3h, j’ai été réveillé par un martèlement lent et
répétitif en bas.
Un frisson d’angoisse me remonta l’épine dorsale lorsque je
me rendis compte que le bruit venait de la baie vitrée !
Au bout de 10 minutes, je me décidais à descendre…
Pour ne rien trouver.
Et les bruits s’étaient tus.
Mais ça n’est qu’au lever que je fus estomaqué en
découvrant, sur la fenêtre de la baie vitrée, d’innombrables traces de ce qui
semblerait être des petites mains !
Les empreintes avaient un je-ne-sais-quoi d’infâme, de
répugnant…
Elles semblaient être faites d’un mélange de pus et de terre !
Mais qui s’amuse ainsi à tenter de me rendre dingue ?
Si je le chope, il va passer un très mauvais quart
d’heure !
Mardi 18 octobre :
Personne ne me croira jamais…
L’innommable cauchemar est entré chez moi cette nuit.
Il a ouvert la porte que j’avais omis de fermer à clé.
J’étais alors dans la cuisine, pris d’une petite faim nocturne,
lorsque je sentis l’odeur, l’épouvantable puanteur de charnier qui emplit
soudain la pièce.
Je me retournais alors…pour découvrir d’où elle provenait.
Là, devant moi, suintant de pus, de boue et de chair en décomposition, se trouvait une chose que même l’imaginaire humain peinerais à concevoir.
Haut d’environ un mètre, la créature avançait d’un pas mal
assuré, chancelante.
Sa tête, couverte de longs cheveux fillasses, tanguait sur ses épaules, comme
si son maigre cou peinait à la retenir.
Sa respiration chuintante était déjà odieuse à mes oreilles,
mais le comble de l’infamie fut atteint lorsqu’elle se mit à glousser d’un rire
mort, me fixant de ses yeux vitreux.
Elle semblait sourire, heureuse de me trouver là, et tendit
ses bras maigres et pourrissants vers moi.
Je fus alors pris d’une crise de folie meurtrière, et mû par
ma terreur, je poignardais l’abominable chose qui me lança alors un regard
empli de larmes, empli d’une profonde tristesse et d’incompréhension…
Elle tomba sur le sol, se tordant de douleur, se vidant d’un sang noirâtre en poussant des cris stridents, comme des pleurs d’enfant, avant de cesser de bouger, morte.
Samedi 26 octobre :
J’ai été interné…
Mon état mental ne leur a pas permis de m’envoyer en prison,
mais je vais sûrement passer plusieurs années dans cet asile.
Je n’ai pas essayé de me défendre, et de toutes façons, comment leur dire la
vérité…
Trop invraisemblable, trop folle…
Ils m’ont donné la permission de garder mon carnet et un
crayon gras.
Avec ça, pas de risque de tentative de suicide m’ont-ils
dit.
Je peux ainsi écrire ce qui me pèse sur l’âme depuis cette
nuit…
Jamais je n’oublierai ce que cette abomination prononça dans son dernier souffle…
Ce mot qui me glaça jusqu’aux tréfonds de mon être, et qui est
à la limite de me rendre fou…
Jamais je n’oublierais que cette chose m’appela « Papa ».
Commentaires
pour avoir lu cette nouvelle et parcourue ton blog... il semble que tu sois quelqu'un de doué pour pas mal de trucs!! alors mon commentaire ne te seras pas vraiment utile ( ! ) mais je souhaitais simplement t'encourager à continuer tout ce que tu fais déja !!!!
A un de ses jours le viking!!!
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